La P.N.E.I.: Le lien expliqué entre le corps et les émotions

Une nouvelle branche de la science de la santé, la P.N.E.I ou psyco-neuro-endocrino-immunologie met en lumière l’équilibre fragile entre le système nerveux autonome, le système nerveux volontaire et les effets nocifs pour l’humain d’un déséquilibre prolongé entre ces états :  le stress qui démolit.

Le principe sous-jacent à cette biologie de l’unité corps – esprit, c’est l’information qui circule.  L’information à propos de ce que je perçoit.   Une perception positive équivaut a ressentir du plaisir et du bien-être.  Une perception négative est causée par des sensations de déplaisir ou de danger.  L’une et l’autre de ces réactions provoque une cascade de réactions du corps  qui se met en branle pour s’adapter à l’évènement déclencheur.  Le psycho dans la p.n.e.i. c’est donc le sens donné à l’événement, qui donne naissance à une émotion positive ou négative.  Cette perception déclenche des réseaux de communication différents dans le corps : neurologique, endocrinien et immunitaire.

 

« Le corps matériel est une rivière d’atomes,

l’esprit est une rivière de pensées

et ce qui les maintient ensemble est une rivière d’intelligence. »[i]

 

Les trois étages du cerveau

Le cerveau est un dispositif sophistiqué qui permet de préserver l’homéostasie de l’organisme en traitant l’information que constituent les stimuli du monde extérieur.

On parle d’étages dans le cerveau ou de trois structures qui instruisent de l’évolution de la vie et de la capacité d’adaptation.  Le tronc cérébral ou cerveau reptilien reçoit les informations corporelles.  Ce sont les sens qui captent l’environnement.  Ensuite le cerveau limbique ou mammifère est considéré comme étant le cerveau émotionnel, il donne une valeur positive ou négative aux perceptions du corps.  Finalement, le néocortex détient toute la capacité congnitive de l’être humain.  C’est lui qui analyse et prends des décisions relatives aux stratégies de survie et retourne les commandes d’adaptation via le système nerveux autonome, l’axe h.h.s. et le système immunitaire.

Neurologie, voie d’information

Balance sympathique – parasympathique 

Revenons donc ici au cerveau limbique car les émotions ressenties activent le système nerveux autonome (s.n.a.).  Le plaisir active le s.n.a. parasympathique en stimulant l’hémisphère gauche du cerveau.  L’énergie biologique est utilisée pour réparer les blessure et permettre au corps de récupérer, la musculature se détend, le rythme cardiaque ralentit, la respiration se calme, les vaisseaux sanguins se dilatent, la peau se réchauffe,  l’immunité cellulaire est plus efficace. Lorsque le s.n.a. parasympathique est activé la partie postérieure du cerveau est irriguée, permettant la réflexion et l’intégration de l’expérience ainsi que l’émergence de nouvelles solutions.  C’est donc pendant les périodes de repos, de recul, de détente que nous pouvons développer des stratégies à long terme.

Le déplaisir ou les émotions négatives naissent de la nécessité de la survie et de l’adaptation et stimulent quand à elles le cerveau  droit et le système nerveux sympathique.  Le s.n.a. sympathique réagit par la fuite ou le combat.  Les influx nerveux sympathique stimulent la glande surrénale qui produit l’adrénaline et le cortisol.  Dans le corps on observe que le rythme cardiaque s’accélère, la respiration s’amplifie, les vaisseaux sanguins de la périphérie se contractent, le sang est redistribué vers les muscles. La sécrétion de salive est réduite.  La température corporelle monte et toute l’énergie est mobilisé afin que les muscles puissent se contracter.  Ici c’est la partie antérieure du cerveau qui est irriguée, permettant de prendre les décisions rapides, dont la survie immédiate dépend.

La survie et la capacité d’évolution dépend donc de la capacité d’adaptation de deux commandes nerveuses.  Le système nerveux autonome sympathique qui permet la vigilance et l’adaptation immédiate indispensable à la survie.  Et le système nerveux autonome parasympathique qui ralentit les fonctions physiologiques afin d’économiser l’énergie et permettre la mise en route de processus réparateur et l’invention de nouvelles solutions.  C’est ce qui se passe dans le sommeil, dans les états de relaxation et de plaisir et lorsque nous avons recours aux sentiments positifs.

Il est important de noter que les deux actions, mécanismes de survie opposés, ne peuvent se vivre simultanément de manière optimale..  Suite a une situation de stress à laquelle nous nous sommes adaptées,  ou pendant des périodes de stress prolongés, il faudrait être en mesure de trouver des espaces sécuritaires de repos et de relaxation.

Ce serait préserver une balance équitable entre la tension sympathique et le relâchement parasympathique.  Et c’est ce qu’on nomme la séquence croissance – défense. 

Donc le système nerveux autonome transmet l’information émotionnelle positive ou négative entre le cerveau et le reste du corps, notamment au système immunitaire cellulaire ou humoral à l’aide de nerfs stimulant (système sympathique) ou apaisants (parasympathique).  Nous pouvons retenir que le s.n.a. est modulable par nos pensées et nos émotions.

 

Endrocrinologie et immunologie, voies d’informations

Axe Hypothalamus – Hypophysaire – Surrénalien (AXE H.H.S.)

« Aujourd’hui, le stress ne se présente pas sous la forme d’un danger sérieux et concret, simple à identifier et auquel il est facile de réagir.  En fait, nous sommes constamment assaillis par une multitude de problèmes insolubles dans nos vies personnelles, au travail et dans la société.  De tels tracas ne menacent pas notre survie immédiate, mais sont en mesure d’activer l’axe H.H.S et d’entraîner une augmentation chronique des hormones de stress »[ii]

Il faut comprendre que ce mécanisme d’adaptation est ce qui a permis à l’espèce vivante de se maintenir en vie et d’évoluer.  Ce mécanisme et le même depuis la nuit des temps et ne changera pas.  C’est le rythme de vie qui a changé.  Les agents stresseurs ne sont plus l’ours ou le tigre. Ils semblent plus anodins lorsqu’on est pris dans le trafic, ou qu’on est en retard pour prendre les enfants au service de garde ou alors faire face aux factures à payer.  Mais la réaction physiologique est la même :  défense ou croissance.

Ainsi, une situation évaluée comme stressante, entraîne une cascade de production d’hormones dans le cerveau de l’hypothalamus vers l’hypophyse, puis de là jusqu’aux glandes surrénales.  Ces dernières secrètent les principales hormones d’adaptation au stress.  Entre autre le cortisol, qui donne de l’énergie et qui est produit lorsqu’on a un défi à relever qui n’est pas résolu dans l’immédiat.  Le cortisol (la cortisone naturelle du corps) secrété à long terme produit des effets secondaires indésirables sur la santé, car elle va chercher dans tous les organes du corps l’énergie de la survie.  On peut mentionner parmi ceux-ci la fragilisation de la peau, des os, des muscles, des articulations, l’augmentation de l’agressivité.  On note la diminution de production de globules blancs dans la moelle osseuse.  Le stress mal géré, donc un déséquilibre prolongé de la balance sympathique – parasympathique favorise l’apparition de maladies auto-immunes et augmente la vitesse de multiplication des cellules cancéreuses.  La production de cortisol à long terme par les glandes surrénales, produit de la détresse sur le corps.

Mais on a observé qu’un travail d’acceptation et de diminution des effets du stress diminue la production de cortisol et augmente la production de globules blancs renforçant le système immunitaire.

Comme le dit Bruce H. Lipton chaque cellule est un être intelligent animée d’une intention et d’un but, recherchant activement les milieux qui favorise sa survie, évitant les milieux toxiques ou hostiles.  Elle le fait en enregistrant les stimuli, analysant l’information et adoptant la réaction comportementale appropriée pour assurer sa survie.  En laboratoire, Lipton a observé que chaque fois qu’il créait une environnement sain pour les cellules, elles se développaient.  Quand l’environnement était moins qu’optimal, elles faiblissaient.  Lorsqu’il leur redonnait un environnement sain, la santé des cellules « malades » s’améliorait.[iii]

On sait que en situation de détente et de repos, donc en parasympathique, le système endocrinien via l’hypothalamus et l’hypophyse va produire des endorphines (la morphine naturelle du corps), une hormone euphorisante et qui diminue la sensibilité par rapport à la douleur.  On a observé aussi, que le passage répété de la main sur la peau, provoque la sécrétion des endorphines via le système nerveux directement par la moelle épinière.

Équilibrer la balance sympathique – parasympathique permet à l’information neurologique, hormonale et immunitaire de circuler de manière fluide à travers tout l’organisme.  Équilibrer cette balance équivaut à chasser le cortisol et augmenter les endorphines, améliorant ainsi la qualité de vie.

Impacts sur le système de défense / immunité

Si le s.n.a. et l’axe H.H.S. constituent un système de défense contre les agents stressant extérieurs, le système immunitaire est le second système de défense du corps.  Il protège des dangers internes d’origine bactérienne ou virale.

Lorsqu’il est mobilisé, il consomme une grande partie des réserves énergétiques du corps.

Par contre lorsque l’axe H.H.S, mobilise le corps pour se défendre d’un danger jugé immédiat, les hormones surrénales empêchent directement le système immunitaire  (le thymus) de conserver ses réserves d’énergie et de combattre la maladie.

En fait, ce n’est pas le stress qui démolit la santé d’une personne.  La vie est la vie, il y a toujours un peu de tensions et les facteurs de stress sont inévitables.  Ce qui démolit la santé, ce serait plus les effets du stress à long terme ou les effets cumulés et le déséquilibre grandissant entre les périodes de travail, les nécessités de s’adapter à pleins de stimuli et de demandent de l’entourage dans lequel nous vivons et le déséquilibre avec les périodes de repos, de détente, dans lesquelles nous éprouvons ressentons les plaisirs de la vie.  Même les périodes d’exercices physique vécues comme une obligation de garder la forme et la performance n’arriveront peut-être pas à équilibrer cette balance croissance-défense.

Alors à vous chers collègues bonne réflexion après ces lectures et prenez bien soin de votre parasympathique.

Sylvie Lepage

Massothérapeute agréée et enseignante.


[i] Dr Deepak Chopra,  Le Corps Quantique, p. 127

[ii] Bruce H. Lipton, Biologie des Croyances, p. 186

[iii] Ibidem, p. 60.

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